« À partir de combien de postes faut-il externaliser son informatique ? » La question revient souvent, et elle est mal posée. Le nombre de postes ne détermine rien. Ce qui compte, c'est ce que vous coûte une heure d'arrêt.
Le calcul que personne ne fait
Prenez votre chiffre d'affaires annuel, divisez-le par le nombre d'heures réellement travaillées dans l'année. Vous obtenez une valeur approximative de l'heure d'activité. Multipliez ensuite par le nombre de personnes empêchées de travailler lorsqu'un système tombe.
Pour un commerce de vingt salariés réalisant 400 millions de FCFA, une heure d'arrêt complet représente facilement 200 000 FCFA de valeur perdue. Une demi-journée par trimestre, et vous êtes à plus de trois millions par an — sans compter les clients qui ne reviennent pas.
Comparez ce chiffre au coût d'un contrat d'infogérance. La décision devient souvent évidente, et elle ne dépend pas du nombre d'ordinateurs.
Ce que recouvre réellement le terme
« Infogérance » désigne des prestations très différentes selon les prestataires. Trois niveaux se rencontrent couramment :
La supervision seule. Le prestataire surveille vos systèmes et vous alerte en cas d'incident. C'est utile, mais c'est vous qui intervenez. Un contrat à ce niveau ne réduit pas votre temps d'arrêt, il réduit seulement le délai de détection.
La supervision avec intervention. Le prestataire détecte et corrige. C'est le niveau qui a un effet réel sur la disponibilité, et c'est celui qu'il faut viser pour un système de production.
La délégation complète. Le prestataire gère aussi l'évolution : mises à jour, montée de version, capacité, sécurité. Pertinent quand vous n'avez pas d'équipe technique interne, ou quand elle doit se concentrer sur votre métier plutôt que sur l'infrastructure.
Les trois questions à poser à un prestataire
Que garantissez-vous précisément ? Un engagement de disponibilité de « 99,9 % » sans définition de ce qui compte comme indisponibilité ne vaut rien. Demandez comment la mesure est faite, par qui, et ce qui déclenche une pénalité.
Quel est le délai d'intervention, hors heures ouvrées ? La plupart des incidents graves surviennent la nuit, le week-end ou pendant les congés. Un contrat qui ne couvre que les heures de bureau protège votre infrastructure au moment où elle est le moins sollicitée.
Que se passe-t-il si nous partons ? C'est la question la plus révélatrice. Un bon prestataire a une procédure de réversibilité documentée : restitution des accès, des configurations, des sauvegardes. Un prestataire qui élude cette question vous enferme.
Ce qu'il ne faut pas externaliser
Deux choses doivent rester chez vous, quel que soit le contrat.
La propriété des accès. Les comptes administrateurs de vos domaines, de vos hébergements et de vos services doivent être à votre nom, avec vos coordonnées de récupération. Le prestataire reçoit un accès délégué, pas la propriété. Nous avons vu des entreprises perdre leur nom de domaine parce qu'il était enregistré au nom d'un prestataire disparu.
La connaissance de votre propre système. Exigez une documentation à jour de votre infrastructure, lisible par un tiers. Si votre prestataire est le seul à savoir comment votre système fonctionne, changer devient impossible — et le prix de renouvellement le reflétera.
Le bon moment
Il n'y a pas de seuil universel. Mais trois signaux indiquent qu'il est temps : vous découvrez les pannes par vos clients plutôt que par vos outils ; les mises à jour de sécurité sont repoussées faute de temps ; et une seule personne dans l'entreprise sait comment tout fonctionne.
Ce dernier point est le plus sérieux. Ce n'est pas un problème technique, c'est un risque d'entreprise.